Du jeudi 20 novembre au samedi 20 décembre
Symphonies of sickness
Exposition de Damien Deroubaix
Damien Deroubaix est un jeune artiste, nerveusement calme. Sur un grand format de papier fin,
il retient du péplum « Jason et les argonautes » une danse macabre à laquelle il assigne un
«Werbung» - entendez « publicité ». Avouez, une vraie promotion pour l’avenir ! Les squelettes
semblent hilares, le dessin à l’encre de chine est placé sur un mur en aluminium qui nous
renvoie timidement notre image. Quant à la parabole située en avant, elle n’émet ni ne reçoit,
c’est une forme muette constituée de canettes de coca et de 1664. Parabole porte-drapeau aux
couleurs « sudistes ». Un autre grand format présente Karl Marx au premier plan d’une étoile
éclatée à l’instar des étiquettes pour soldes. S’agirait-il d’une liquidation totale ? C’est
peu probable, dans son travail la hargne est là avec la volonté de s’engager et ça sonne comme
du rock métal (grind), entendez cette fois-ci « Symphonies of sickness », « You suffer….but why ?
» et vous avez les titres de deux de ses dernières expositions.
Pointe d’ironie plus que de résignation le drapeau parabole dirige son bras en direction de
l’effigie communiste. On pourrait croire à une représentation d’une guerre froide surannée,
c’est avant tout une signature, la " méthode Deroubaix " consisterait bien en un montage simple
qui trouve ses finalités dans ses multiples rebondissements.
Sur ce point, passée la première impression, Marx face au sudiste, on peut s’aventurer sur les
lignes d’un véritable palimpseste. «Creating consent » est une installation de l’artiste
allemand Hans Haacke (collection FRAC Rhône-Alpes), véritable papa Schultz d’un art résolument
engagé, dans laquelle ce dernier utilise une antenne, devenue parabole par le biais d’un hommage
de Damien Deroubaix intitulé « garage days re-visited » . Garage days re-visited est aussi un
titre d’un album de reprises du groupe « Metallica », rock métal de nouveau. On aurait donc tort
de s’affranchir d’une lecture très attentive du travail proposé. Les œuvres de Damien sont
savamment appliquées. Si elles utilisent la citation c’est pour ponctuer une histoire, celle que
se construit patiemment et aux vues du monde Damien Deroubaix.
Martial Déflacieux
Du jeudi 25 septembre au samedi 1 novembre
Exposition de Alain Declercq
Lorenzo Bandini est mort brûlé vif (Patrick Jeannes)
" Ma dinky Toy se retourne sur le sol, je fais mon commentaire à haute voix, je crie mon horreur
devant le petit pilote de plastique qui vient de s'éjecter et gît, lamentable, sur la pelouse,
je vois le public, les secours, les voitures qui jaillissent, slalomant entre les flammes, les
extincteurs...
J'hallucine, je suis enfant, je fabrique ce que je vois. Mes pistolets sont des vrais, les
poupées sont des bébés, je suis le roi par couronne de carton, Zorro par cape de nylon…
Alain hallucine aussi, c'est un copain de jeu, reporter à Budapest par chars du 14 juillet,
agent du KGB par agence de pub, Jésus par marche sur l'eau, pendu par l'érection, commissaire
Broussard sur un Mesrine en planche...
L'enfant Alain rejoue la scène, en savant, il accumule les détails pour y croire et pour nous "
faire croire ". Alain joue à l'artiste, un jeu d'adulte sur des pratiques d'enfant : " On dirait
que je serais reporter, un espion, un Jésus, un savant, un surhomme, un bandit, un journaliste ". L'enfant Alain, en savant, imagine des objets dérisoires qui lui " font croire ".
L'artiste Alain, en savant, nous amène les preuves de son mensonge, démasquant ses petites ruses,
déplaçant les lieux, les dates, les situations.
L'artistes Alain en savant, sent que l'art n'est pour lui que la bricole du réel,
l'extraordinaire remplace la routine, notre routine.
L'artiste n'a pas de couronne de carton, il ne possède que sa volonté de vivre au plus fort, au
plus exaltant de lui même, cherchant des copain pour jouer avec lui : " on va enlever quelqu'un,
on va baiser les filles, espionner le flics, tuer ou se tuer ". On est avec lui, on joue avec
lui, victime ou coupable, moine ou putain, esclave ou patron, indien ou cowboy, pauvre type ou
génie, père ou amant, Alain est un enfant, Alain est un artiste, expert, il nous propose de jouer
avec notre unicité que l'on croit indivisible. "
" Alain Declercq / Welcome Home, Boss " Michel Baverey éditeur
Passons sur les difficultés auxquelles on s'expose en écrivant un texte sur une exposition,
oublions jusqu'au fait même que l'exposition en question n'existe pas, pour ainsi dire, au moment
où j'écris. Une certitude : l'exposition sera là le 15 mai, des ingénieurs seront passés par ici. En toute confiance une carte blanche à été adressée à Bertrand Parinet. Ne rien dire de plus alors, ne pas rajouter de fausses analyses qui plombent le propos sur l'art. Je crois qu'il faut simplement reconnaître la détermination, le sens de la rigueur de ces quatre personnes et noter la qualité plastique de leur travaux.
Enfin, " Précisément détaché " est le nom de l'exposition par ce qu'il est le titre d'un texte
emprunté à Cédrick Eymenier. Le lire serait sans doute une bonne introduction...
(Vks) / avril 2003
" Précisément détaché "
Sur ce banc, à l'ombre d'un pin, près d'un mini-palmier, trois chaises roulantes viennent de
passer : Deux handicapés et un bébé. Un tee-shirt jaune tournesol bien mûr rapetisse à mesure
que son propriétaire s'éloigne, à présent ce n'est plus qu'une vulgaire tâche ; Bientôt je ne
la verrai plus. Un dauphin et quelques orques nagent sur un autre tee-shirt. Arrive un autre
bout de tissu jaune, taillée cette fois en short, alors qu'un morceau de paille jaune paille
gît sur le sol. Le bruit des claquettes qu'on traîne avant ou après la plage est quasi continu,
presque autant qu'une autoroute.
Le radiateur se déclenche en émettant un bruit sec qui résonne dans la misérable caisse de métal
beige. À sa droite, l'ombre de la fleur reste figée : Elle provient d'une lampe, le frigo
s'arrête. Heureusement il n'y a qu'une seule source d'éclairage ; Ce serait la panique, comme
la nuit en ville, où l'ombre est projetée deux, voire trois fois par les lampadaires. À présent,
plus qu'une portière de voiture claquée et la boîte grise du compteur électrique monocorde et
continu. Du chauffage tombe des gouttes, parfois un couinement de derrière les murs. Comme si
je l'avais commandée, une guitare passe dans la rue en une subtile baisse de volume au fur et
à mesure qu'elle s'éloigne, un moteur fait vibrer la fenêtre. Une chaussure rencontre le bord
de l'étagère plastifiée et l'autre dérape sur le rebord du tabouret, le ventre gargouille parfois
et la manche se frotte contre le pull alors que le frigo redémarre tout comme cette voiture qui
n'y arrive pas vraiment. Je peux aussi écouter ce que je veux : Le sifflement des pas de joueur
de basket sur un terrain plastique ou un morceau de musique, mais je ne préfère pas, ce serait
sûrement difficile de s'en séparer. Deux portières claquées et un moteur démarré du premier coup
malgré le froid ; Un autre grince un peu tandis que des voix indiscernables et des rires grimpent
dedans. Clac ! le radiateur. Maintenant des voix plus graves et le frigo s'arrête. Le plancher
vient de craquer, un craquement sec. Et la boîte grise refait surface vu que le frigo a stoppé.
En même temps qu'un autre craquement sec et identique, le radiateur couine toujours.
Cédrick Eymenier
"Vks concessionnaire"
Du jeudi 20 mars au samedi 19 avril
Avec la participation de : AAA.corp / Boccanfuso Raphael / Declercq Alain / Quistrebert Michael
Chez les concessionnaires il y a tout les éléments d'une exposition comme celle que l'on envisage:
des véhicules bien sur, tour à tour réels, photographiés, modélisés mais aussi un salon d'acceuil
et des produits dérivés...alors autant adopter
le style concessionnaire pour l'exposition et le rendre manifeste...tout compte fait d'ailleurs le
travail d'un concessionnaire n'est pas très différent de celui d'un galeriste, voir plus efficace.
Le vendredi 21 mars à 18h30 débat "rec-publique":
avec la participation des artistes présentés
A l'occasion de ce débat un enregistrement sera effectué pour être diffusé sur Canal Sud (92.2)
et de manière intermittente dans le cadre de l'exposition. Entrée libre.
Utilisation temporaire :" Libre surface "
Du jeudi 30 Janvier au Jeudi 20 février
Invitation faite à Laurent Hiriart.
Cette première exposition de Laurent Hiriart, menée dans une certaine urgence (moyens, temps
limité) concerne à la fois le champ de l'expression plastique, celui du graphisme et enfin
celui de l'architecture. La présentation de " toiles ", d'une peinture murale, d'une projection
vidéo et d'éléments sculpturaux sont les outils d'une écriture " constructiviste " réactivée par
l'assemblage des technologies numériques et de l'utilisation somme toute classique de la
peinture.
Dans le travail " in situ " de Laurent Hiriart on pourra par exemple retrouver à la fois la
fascination qu'exerce " le constructivisme " sur un collectif tel que les " Designers Republic "
et le désir de déstructuration graphique cher à M / M (auteur de l'affiche " No ghost just a shell
"), Varini.
Ouverture de l'exposition le jeudi 30 janvier à partir de 19h
Utilisation temporaire : atelier de tatouage
Stephan Tedone > youneedapencil
Du 7 au 18 Janvier
Cette utilisation temporaire de l'espace répond aux souhaits d'être à la fois dans une
configuration de présentation et de production d'une oeuvre. Certaines pratiques artistiques
rendent possible ce désir, la mise en oeuvre de youneedapencil en fait partie en combinant le
libre accès à un salon de tatouage et la présentation de modèles de tatoo et de leurs
réalisations sur le corps du public. utilisation temporaire