Du samedi 6 novembre au jeudi 9 décembre
Kattajak: Exposition de Frederic Nogray et Gyan Panchal
Le Kattajak désigne un jeu vocal Inuit où deux participants, face à face, répetent
continuellement le même mot, la narration faisant place au son, chacun essaye de maintenir le
plus longtemps possible le rythme de la joute vocale. Kattajak est une exposition où deux
artistes se proposent de nouer un dialogue autour d'un vocabulaire commun, dans un échange de
fréquences sonores et de vibrations visuelles.
Gyan Panchal est né en 1973 à Paris. Il vit et travaille à Maastricht et Paris.
Ses oeuvres ont été récemment montrées lors des expositions "Le Parc" au Centre d' Art
Contemporain de Vilnius, "Abstract, Accident, (...)" au Winkelcentrum Entre-Deux de Maastricht
(2003), "The color and the shape" à la galerie Mehdi Chouakri à Berlin (2004). Il est
actuellement en résidence à l'academie Jan van Eyck à Maastricht.
C'est à partir de matériaux standards composant notre environnement d'aujourd'hui que Gyan
Panchal interroge nos codes de construction du réel. Il s'intéresse à la fabrication et à
l'usage de ces standards, en considérant le matériau depuis son origine jusqu'à son devenir
potentiel. Plexiglas, polystyrène, polyamide, constituent autant d'outils, d'instruments et de
costumes. Associant le manufacturé au manuel, la fonction à l'ornement, l'abstrait au fétiche,
le futur au primitif, le réel à la fiction, le travail de Gyan Panchal nous invite à une lecture
irrésolue des signes de la production du présent. "Elements", dessin mural realisé au marqueur noir, est le produit de la condensation de tous
les signes issus du tableau des élements de Mendeliev (O pour oxygene, U pour uranium, ...).
Partant d'un tableau, d'un système, d'une nature mise en ordre, on retourne vers un chaos, un
déreglement du sens, un code devenu indéchiffrable. La lecture de cette pièce reste néanmoins
prise dans une boucle visuelle, oscillant entre ordre et désordre, cette jungle de signes
s'avérant paradoxalement très construite. Ce dessin agit comme un condensé de réel, comme
l'instant d'un monde, plein de tous ses élements, entre un rythme encore perceptible et une
abstraction perdue. Le dessin au marqueur permet au trait d'enregistrer la materialité du mur,
le trait devenant irrégulier par endroits, précis par d'autres, selon le moindre relief. "Hal" est un mobile realisé à partir de tubes et de boules en acier chromé issus du système
d'ameublement Usm-Haller, icône toujours d'actualité du modernisme Suisse des années 60. A
défaut de réaliser la structure d'un meuble, c'est-à-dire d'utiliser le système pour sa fonction
même (la fonctionnalité), j'assemble quelques uns de ces élements dans une ébauche de structure
aux dimensions exponentielles (20 x 40 x 80 cm), demeurant pourtant en deçà d'un possible usage.
Mobile quasi immobile, pendu dans l'espace, ce bout de système évoque aussi bien une forme en
croissance qu'un projet en ruine. Un reste de sputnik. Entre évolution et involution, l'erreur
de montage s'apparente ici à une solution.
Qu'il fasse des installations sonores, de la musique ou qu'il accompagne des chorégraphes,
Frédéric Nogray travaille le son dans sa plasticité même. Sa matière sonore est faite de
feedbacks (larsens) de filtre analogique (ou autres appareils de diffusion et de transformation
du son), de prises de sons naturels ou de sinusoïdes. Il produit alors des spirales sonores qui
peuvent êtres traitées ou non en temps réel avec l'outil informatique. "Je pars du hasard /
aléatoire pour générer le son mais dans le même temps, j'essaie de le contenir et de le fouiller
dans un résultat formel minimal et cyclique". C'est dans cette mise en forme que le travail de
composition (instantanée) trouve sa place, même si elle est sans cesse remise en question par la
fragilité du dispositif et des accidents qui ne manquent pas d'arriver à tout instant
(une machine sonore mise en larsen est difficilement contrôlable). Explorant ainsi les sons
naissant de l'amplification du silence. Il en révèle le potentiel émotionnel et
« intra-psychédélique ». "Sans titre avec haut-parleurs à l'agonie" est une installation sonore qui prend l'aspect de
deux haut-parleurs placés au sol dans un espace. Ces deux HP sont alimentés par une partition
de sinusoïdes basses fréquences (peu audibles par l'oreille humaine) qui mettent en vibration
la membrane des HP. Ces membranes ayant été au préalablement préparées, elles se déchirent sur
tout le temps de l'exposition au rythme de la partition. Les sons produits par ces membranes se
déchirant vont devenir de plus en plus présents au fur et à mesure du temps d'exposition jusqu'à
remplir l'espace dans lequel elle se trouve. On ne sait pas ce que l'on entend vraiment, le son
diffusé par ces deux haut-parleurs ou le son qui est produit mécaniquement par ceux-ci dans leur
destruction progressive. Les deux HP présentés ici ont déjà traversés deux expositions
(« We don’t play » à la Ménagerie de Verre (Paris) en octobre 2003, « Abstract... » au
Winkelcentrum à Maastricht en novembre 2003). Leurs membranes sont donc déjà très entamées.
Elles iront en suivant à Bordeaux (A suivre), dans quel état ?
Du jeudi 9 septembre au samedi 23 octobre
Exposition de Wawrzyniec Tokarski
"La démarche de Wawrzyniec Tokarski vise à établir l’incertitude : par la simple représentation,
ou par un jeu subtil de multiplication et de destruction des habitudes de lecture et de
perception du réel.
Dans ses travaux plus récents, la quantité des signifiants est accentuée : la bande d’annonce,
le logo et le slogan sont superposés. L’arrière plan, qui représente généralement un paysage,
est progressivement occulté par la densification du champ visuel, qui donne accès à tous les
possibles."
Crédit photo et texte Galerie Alimentation générale / Luxembourg
Wawrzyniec Tokarski est représenté par la Galerie Suzanne Tarasieve (Paris) et la Galerie
Alimentation générale (Luxembourg)
Du jeudi 13 mai au jeudi 20 juin
Exposition de Guillaume Gilles
sur l'invitation de Bertrand Parinet
TABLEAUX DE MI-NUIT
"Face aux pratiques qui, à force de cultiver la transgression, s'éloignent des enjeux déterminants
de l'art, celle de Guillaume Gilles prétend remobiliser une expérience forte de la peinture. Un
art en relation au déplacement du regard, offrant une perception qui se modèle suivant les
variations de la lumière. Mais, l'important se découvrant toujours dans un rapport direct avec
l'oeuvre, l'objet de ce texte est d'évoquer le contexte de création des pièces présentées.
Il faudrait d'abord observer que la peinture de Guillaume ne nécessite aucune justification
théorique pour être appréciée à sa juste valeur. Elle existe d'elle même, et " va sans dire ".
Bien souvent, cette volonté d'approcher l'indicible est frappée de reproches ; on prête à
l'artiste une attitude trop prétentieuse, à l'image de ce qu'on croit être l'objet de ses
recherches. Il faut ici démentir cette idée reçue : la quête d'un indicible n'est pas tributaire
d'une Inspiration occulte mais procède d'un travail quotidien mené en atelier. C'est là que
Guillaume recherche patiemment les moyens d'une création originale, avec l'espoir de faire
advenir des réalités fortes.
Outre cette peinture pensée comme phénomène d'atelier, l'artiste développe une formule picturale
in situ qui traduit le rapport complexe d'un regard qui se déplace au lieu d'exposition :
l'oeuvre témoigne notamment de l'expérience physique de l'espace d'exposition, du rapport au "
faire " ainsi qu'à la temporalité propre à l'élaboration de l'oeuvre.
Dans les deux cas (tableaux et muraux), il s'agit donc de tenter de renouer avec une certaine
forme d'aura. On se méfie souvent de ce mot, mais l'aura n'a en réalité rien d'aristocratique
et son appréciation n'est pas réservée aux seuls initiés. Au contraire, ces oeuvres voudraient
entrer en résonance avec une aspiration naturelle - et universelle - à dépasser notre condition,
à sentir autre chose qu'un quotidien inégal. De t^ci, l'art serait encore capable, malgré les
discours cyniques qui voudraient décourager tout élan de cette nature. Donner à ressentir des
expériences authentiques, affranchies des arrières-pensées susceptibles de parasiter nos activités, voilà
une perspective à laquelle on peut donc aspirer. Cette recherche est d'autant pi us stimulante
que les organes obstacles à ces préoccupations ne manquent pas. C'est d'ailleurs peut-être là un
excellent argument de création libre, car les difficultés de toute sorte, une fois converties en
défis à surmonter, participent à fa vitalité de l'expérimentation artistique. Cette réalité, si
elle peut marquer le tempérament de l'artiste, n'en laisserait pas moins quelques traces dans sa
peinture.
L'investissement de Guillaume s'incarne ainsi dans des oeuvres qui en communiquent en retour te
caractère franc, tranché ; et l'on peut deviner que cette attitude à l'égard de l'art participe
d'une éthique quotidienne. Dans sa vie comme dans sa pratique artistique, en effet, l'attitude
est la même. Et il faut le mentionner pour prendre la mesure d'une oeuvre qui n'est pas séparée
des enjeux de la vie."
D. Monfort
Transat
Boris Billier propose un dispositif d'écoute sonore composé de transats et de casques diffusant
ses propres pièces électroacoustiques. Quatre sièges seront disponibles pour une écoute
individualisée.
Le son diffusé est plutôt relaxant, il se situe entre la musique concrète et l'ambient. C'est un
univers musical composé essentiellement à partir de prises de sons réelles d'ambiances et de
bruitages. Le béat, la synthèse ou les instruments sont quasi inexistants, ils ne sont pas, en
tous cas, l'élément moteur des compositions.
Du jeudi 15 janvier au jeudi 15 février
altermoderniste
Exposition de Nicolas Chardon
sur l'invitation de Bertrand Parinet
l'art de nicolas chardon
se définit selon les principes suivants :
abstraction attitude biais blanc concept conscience copie couleur décoratif destruction
distance distorsion esprit figure futur grille géométrie horizontal humour image intelligence
interstice jeu latéralité limite littéralité magnétisme matérialisme maximum mémoire mesure
méthode minimum moderne motif naff négatif noir origine peinture plaisir positif primitif
radicalité réalité régularité répertoire répétition reprise rythme simplicité souplesse standard
style temps tension trame travail variation vertical visible volume zéro
Nicolas Chardon est représenté par la Galerie Jean Brolly (Paris) et la Galerie Alimentation générale (Luxembourg)